
Sous ses couleurs pastel et sa féérie, Peau d’Âne raconte une histoire troublante : celle d’une princesse contrainte de fuir l’inceste, en se revêtant de la peau d’un âne. Inspiré du conte de Perrault, Jacques Demy en magnifie toute l’ambiguïté. Dans cet univers singulier où les chevaux sont peints de rouge et de bleu, la magie côtoie le tabou. Les robes éclatantes de la princesse – couleur du soleil, de la lune, du temps –, contrastent violemment avec la peau d’âne, brute et réelle. Mais réduire Demy à ses décors féeriques serait une erreur. Derrière l’enchantement, il joue avec l’inconfort, enveloppant une histoire dérangeante d’un voile onirique. Catherine Deneuve, elle, traverse ce monde empreint de noirceur avec une douceur singulière, en vous apprenant à cuisiner un cake d’amour. Et lorsque que viendra la dernière image, que l’écran deviendra noir, ne vous étonnez pas d’avoir la sensation de sortir d’un rêve.
