Je vous propose aujourd’hui d’embarquer pour un fabuleux voyage gastropoétique à bord de notre vaisseau de pointe, le RU 69 029. Dans celui-ci, il vous sera proposé de vous sustenter, alors… Préparez vos papilles, et appréciez l’originalité de ces mets raffinés, *option végé* :
Entrée : salade de haricots rouges, maïs et pois chiches
Plat : curry de pois chiches et riz basmati
Dessert : mousse pois chiches-chocolat
Après une analyse justement mesurée au moyen de ma pensée, une exploration des tréfonds de ma raison, j’ai établi des connexions et en suis arrivée à une conclusion : notre embarcation a trouvé sa source de protéine de prédilection !
Les pois chiches.
C’est un mot étonnant, ne trouvez-vous pas ? Also known as chickpeas in English, it gives the same energy, doesn’t it? C’est un mot qui saute, un mot joueur, un mot farceur, un mot qui se moque de nous et de notre malheureux système digestif, sur lequel repose la lourde tâche de digérer ces petites bombes beiges. Nous pouvons déceler, au sein-même de ce nom, un air de défi. Comme si, au creux de notre assiette, noyés dans les sauces du RU aux saveurs plus atypiques les unes que les autres, à l’image de météores dans un velouté de voie lactée, ils nous susurraient :
Alors, t’es chiche ou t’as la poisse ?
Et ce terme rieur provoque, par ailleurs, de très beaux mots pour évoquer de petits maux : ballonnement, météorisme, flatulence, flatuosité, effluve, effluence, émanation et pestilence… Tout à fait poétique n’est-ce pas ?
Une poésie intestine, une poésie enzymatique, une poésie de la métamorphose gazeuse et de la manifestation fétide.
L’acte d’écrire est analogue à la digestion des pois chiches. On découvre les mots, on analyse les sensations qu’ils procurent en nous, on les savoure, on les endure et les subit parfois, malgré tout on les consomme, et le plus souvent, ce sont eux, qui nous transforment.
Alors, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un agréable voyage au sein de cette galaxie légulumineuse.