Bonjour et bienvenue, jeune lyonniste !
Pourquoi « lyonniste » ? Pas de panique, range ton beau dictionnaire et laisse-moi éclairer la lanterne bleue de ton esprit ! Aujourd’hui, tu es un charmant (ou une charmante, mais qu’importe, nous sommes tous égaux (j’utiliserai néanmoins le masculin pour cette page) touriste visitant la « magnifique » et « inoubliable » ville de Lyon, ce qui fait de toi un lyonniste. Ne me remercie pas tout de suite, le meilleur est à venir !
Le savais-tu ?
La place Bellecour est la place la plus importante de Lyon, l’une des plus grandes places de France avec une taille de 310 par 200 mètres (ou 62 000 m²) et c’est la place piétonne la plus immense d’Europe (et c’est peu dire…)
Ses dimensions dépassent celles du Zocalo de Mexico & de la place Rouge de Moscou.
Une statue équestre en bronze de Louis XIV orne son centre : l’originale a été construite en 1694 par Martin Desjardins à Paris, mais elle a été détruite (quel dommage…) à la fin du 18e siècle. François-Frédéric Lemot en a construit une nouvelle en 1825.
Durant l’époque gallo-romaine, Bellecour était une île formée de terres alluviales
En 1658, Louis XIV (oui, oui, toujours lui…) décide de lui donner le titre de place royale.
Elle a connu plusieurs noms au fil du temps et a pris son nom actuel (publicité mensongère si on s’attarde sur la première syllabe) sous la Troisième République au 19e siècle
Où ?
La place Bellecour se situe dans le deuxième arrondissement de Lyon, sur la Presqu’île (drôle de nom, ils auraient dû la finir…), entre la Saône et le Rhône.
Qu’est-ce qui t’attend ?
Pour accéder à ce lieu éblouissant de morosité, il te faudra d’abord prendre le métro A ou D et donc survivre aux exhalaisons fétides, à l’agressivité des SDF, à la saleté et aux voix stridentes. Ce long périple prendra fin une fois que tu te seras extirpé de ce nid à pickpockets. Un énorme rectangle sableux, terne et vide sur lequel on ne peut ni s’allonger pour dorer au soleil ni faire de pétanque se profilera devant toi. Une série de bâtiments aux couleurs fades, plus déprimants et obsolètes les uns que les autres, environnent la place : kiosques à fleurs bien clichés, restaurants dont les prix te glaceront le sang, boutiques diverses glorifiant le capitalisme des grandes villes, cabinet d’orthophonie aussi facile à repérer qu’une aiguille dans un champ de foin… Il y a de tout, comme si quelqu’un s’était réveillé un jour et s’était dit entre deux tartines de confiture : « Hé, il n’y a pas plus triste et inutile que cette place, alors autant en profiter pour se faire de l’argent, les gens seront forcément tentés d’acheter vu qu’il n’y a rien à faire ! ». Par ailleurs, cette même personne a eu l’excellente idée de planter des arbres (verts !) tout autour, probablement dans le but de détourner l’attention des lyonnistes des nuages de pollution concentrée libérés par les (trop nombreuses) voitures qui chamarrent les routes grises.
Et la statue dans tout ça ?
Terne, clichée, rouillée et enlaidie par le temps, elle te donnera envie de faire tomber ce roi prétentieux de son piédestal et de grimper sur sa monture afin de quitter ce lieu spleenétique au plus vite. Heureusement, si tel est ton plus profond désir, tu peux reprendre le métro A, opter pour le D ou monter dans l’un des innombrables bus qui passent par Bellecour.
En outre, au cas où tes pupilles seraient trop occupées à détailler un enfant en pleurs ou un passant malpoli, n’oublie surtout pas de prendre un petit moment pour admirer les superbes bancs éparpillés sur la place. Il s’agit vraiment du lieu idéal pour pleurer la mort de son lapin, maudire son ex ou s’interroger sur le but de la vie en affichant un bel air blasé. Avec un peu de chance, quelques pigeons viendront te tenir compagnie et te feront goûter une spécialité locale.
Au menu de la place Bellecour : déprime, ennui, agacement et déprime saupoudrée de spleen.
Tu sais désormais tout ce qu’il y a à savoir sur le centre de la ville de Lyon ! Alors… un dernier conseil : prends une grande inspiration et passe ton chemin, charmant lyonniste.