
Marie-Catherine d’Aulnoy
1652-1705
Écrivaine du XVIIe siècle, est l’une des figures fondatrices du conte de fées en littérature française. À travers ses récits, elle mêle habilement le merveilleux et la moralité, offrant des histoires peuplées de princesses, de fées et de créatures fantastiques, tout en abordant des thèmes tels que l’amour, la vertu et la quête identitaire. Son style, à la fois imagé et symbolique, permet une réflexion sur les valeurs sociales et humaines de son époque. En popularisant le genre du conte de fées, d’Aulnoy a contribué de manière significative à l’évolution de la littérature, marquant durablement l’histoire littéraire française
Toi la première conteuse
Par l’Histoire effacée
Derrière les traits de Charles
Ensorcelée.
Où diable sont passés ta fin heureuse
Et tes succès, dont personne ne parle ?
Finette, Rosette, Moufette
Fées Fanferluche et Merluche,
Magotine et Cancaline
Toutes délaissées comme si un charme de la Fontaine
Dans le Temps les avait figées
Sur l’Île de la Félicité.
Mais toi du merveilleux la souveraine
Femme libre, sans chaînes
Dont la flamme ne s’allégea
Dans tes vers tu l’inscrivais déjà :
« Il faut laisser faire le temps ;
Chaque chose a son point de vue ;
Et quand l’heure n’est point venue,
On se tourmente vainement. »
Alors je le clame et je te souhaite
Qu’un beau jour justice soit faite
Et qu’aux côtés de Charles le roi
Se dresse le portrait de Madame d’Aulnoy.
Toi conteuse de l’ombre, oubliée par l’Histoire
Qui avait l’esprit vif, regorgeant de merveilles
Ce don de la fable, cette passion vermeille
Laisse-moi chanter pour honorer ta mémoire.
Une intrépide femme, au destin romanesque
Candide enfant précipitée dans l’hyménée
Puis pour ta farouche revanche emprisonnée
Fuite victorieuse, errance rocambolesque.
Piégée entre le pays de Molière
Et celui du chevaleresque Cervantès
Tu déroulas tes talents de parolière.
Parisienne salonnière, princesse
Ou fée des contes fameux de ma mère l’Oye
J’ai nommé Madame la baronne d’Aulnoy.