Dans le noir, tu es là, tout près de moi. À peine ai-je les yeux fermés que tu me rejoins. Personne d’autre ne te voit. Tu n’es qu’à moi.
Au début, j’avais peur. La première fois, tu m’effrayas. La deuxième fois, tu m’apeuras. La troisième fois, tu m’inquiétas. Et la quatrième, tu m’étonnas.
Après, je t’attendais, te voulais. Sans toi, je m’ennuyais. J’avais besoin de toi, à côté de moi. La solitude, tu l’as fait fuir. L’ennui, quand tu apparais, ne peut que se fuir.
Depuis, quand je le peux, je ferme les yeux. Mes lèvres s’étirent quand tu arrives. Avec toi, plus jamais, je ne suis malheureux. Pas un mot, tu ne dis, mais toujours tu souris.
Reposant, amusant, aimant. Ton rire franc, tes bras sécurisants, tes yeux réconfortants ; tant de mots te caractérisant…
Ils me l’ont tous affirmé : un jour, tu t’évaporeras. Je n’y crois pas, je ne le veux pas. Tu ne peux pas. Et pourtant… Aujourd’hui, ton regard me le confirme, mon cœur se brise en mille éclats – éclats de verre. Sans toi, que vais-je faire ?
M’abandonner ainsi, au milieu de ce monde de vipères ! N’as-tu pas honte ?
Oh non, ne pleure pas, cher ami imaginaire. … Accepte une dernière fois que je me terre dans tes bras. Pleurons à l’unisson, pendant que je te sens disparaître.
Dans le noir, tu n’es plus là, tu es si loin moi.