Dans ce drôle de conte féérique modernisé, la protagoniste, une jeune fille, est différente de ses camarades de classe et amis : elle n’a pas une fée sur son épaule, mais une vilaine petite sorcière ! Ainsi, Kahina Slimani créé une métaphore des pensées qui minent l’estime de soi pendant l’adolescence, pour lui donner une solution imagée.
Traduction du français vers l’anglais
“I wish I was pretty,” Shira told herself, staring dejectedly at the mirror in her room.
“Well… you aren’t. You are ugly and you will always be ugly.”
That was the little witch on her left shoulder. She had greenish hair, a deep voice, a huge nose and her skin was orange.
Whereas the other little girls had pretty, sparkling fairies on their right shoulder, Shira was the only one who had a nasty little witch.
“That is because they all have perfect skin, straight hair and beautiful eyes… unlike you.”
Shira bit her lower lip to stop herself from crying. It was true. She didn’t look like them, she wasn’t cute, pretty or stunning and her little witch kept reminding her of that fact every single day. She had vitiligo which made her skin look terrible, she had curly brown hair which was very hard to comb and differently colored eyes (one was blue and the other was green) which made her look like a weird monster. Some kids would always make fun of her at school, calling her a freak and other mean things. Her two best friends, Ellie and Claire, were always telling her that she was very beautiful in her own way but she didn’t believe them as she knew they were saying that to make her feel better. In fact, she couldn’t believe them because of her little witch’s voice.

“Of course they would say that… you are their best friend, after all. But look at them: they both are pretty and they both have cute little fairies… unlike you.”
Unlike you. Unlike you. Unlike you.
Shira’s head was full of these cruel words.
“Sweetie, come on, you are going to be late for school!” her mother shouted from the kitchen, startling her.
“I’m coming, mom!” Shira replied after a few seconds.
Her mother, Georgia, was the most gorgeous woman she had ever seen: her blonde hair was soft and silky, her skin was clear and radiant and her emerald eyes were always shining like real diamonds. Moreover, she was extremely confident, whereas Shira felt ill-at-ease. She couldn’t even tell her mom about what was constantly bothering her because she was afraid she wouldn’t understand.
“Let’s go,” she finally mumbled.
She took her small bag and went to school.
As the days went by, the nasty little witch kept getting meaner and meaner. Her voice became so powerful that it completely filled Shira’s mind. She began to scare her classmates and friends. Therefore, the poor brunette was feeling lonelier and lonelier, which increased her insecurities, much to the witch’s delight.
One day, Shira decided not to go to school because she was too sad and tired to get out of bed. Tears were rolling down her cheeks when her mother entered the small room. She sat down on the edge of the bed and stroked her back tenderly. The little witch was still here, but adults couldn’t see or hear fairies and witches.
“What’s wrong, darling? Tell Mommy what’s making you so sad and she’ll make it disappear,” Georgia said with a sweet voice.
The brunette started sobbing. Her mom hugged her tightly.
“It’s… it’s… my hair… and my weird skin… and my eyes! I’m not beautiful… I want to be beautiful… The little witch is right,” she cried.
“Oh, sweetie,” her mother whispered, “You are perfect the way you are. There’s nothing wrong with being unique because you are very special and precious in your own way. Your skin is breathtaking because it is your skin and you should embrace it, honey. Your eyes are so pretty, some people would give a lot to have them, you know. Having curly hair doesn’t mean you have ugly hair just because it is not straight: your curls compliment your cute round face so well… so why being so mean to yourself? Beauty is subjective, Shira, and there’s beauty in everyone. Everything. You should treat yourself nicely and love your appearance because it is the most gorgeous gift you could do to yourself. Love your hair, eyes, skin, face and body the way you would cherish someone you love deeply. Try to love yourself as much as I adore you more than anything, darling. Don’t let that nasty little witch’s voice fill your beautiful mind.”
Shira stopped crying. She felt… lighter. Reassured. In fact, her mom was right. Everything she had just said made sense in her head.
“No, she is not!” the witch protested.
This time, Shira didn’t listen to her. Georgia then showed her pictures of herself when she had severe acne.
“Oh, you had a little witch too?!” the brunette exclaimed, her eyes sparkling with surprise and wonder.
“I did,” her mother smiled, “I thought I was the ugliest girl ever. I was so wrong… One day, I decided that she didn’t have the right to tell me whether I’m beautiful or not and it… worked.”
“How?” Shira asked with curiousity.
“Just close your eyes and say something nice to yourself.”
Shira did so.
“I… I… I am pretty.”
She then opened her eyes and gasped at what she saw. The nasty little witch had turned into a sparkling little fairy! She was finally gone!
Shira had never felt such joy.
From that day on, she started loving herself more and more, and didn’t pay attention to mean people anymore.
Texte original
« J’aurais aimé être jolie, se dit Shira, en fixant le miroir de sa chambre d’un air dépité.
— Eh bien… Tu ne l’es pas. Tu es laide et tu seras toujours laide.
Cela venait de la petite sorcière sur son épaule gauche. Elle avait des cheveux verdâtre, une voix grave, un nez énorme et sa peau était orange.
Tandis que les autres petites filles avaient des jolies, scintillantes fées sur leur épaule droite, Shira était la seule à avoir une vilaine petite sorcière.
— C’est parce qu’elles ont toutes une peau parfaite, des cheveux lisses et des yeux magnifiques… contrairement à toi. »
Shira se mordit la lèvre inférieure pour s’empêcher de pleurer. C’était vrai. Elle ne leur ressemblait pas, elle n’était pas mignonne, jolie ou superbe et sa petite sorcière n’arrêtait pas de lui rappeler cette vérité jour après jour. Elle était atteinte de vitiligo ce qui donnait à sa peau un aspect terrible, elle avait des cheveux bruns bouclés qui étaient très difficiles à coiffer et des yeux de couleurs différentes (l’un était bleu et l’autre vert) qui la faisaient ressembler à un monstre étrange. Certains enfants se moquaient toujours d’elle à l’école, la traitant de monstre et d’autres choses méchantes. Ses deux meilleures amies, Ellie et Claire, lui disaient toujours qu’elle était très belle à sa manière, mais elle ne les croyait pas, car elle savait qu’elles disaient ça pour qu’elle se sente mieux. En fait, elle ne pouvait pas les croire à cause de la voix de sa petite sorcière.

« Bien sûr qu’elles disent ça… ce sont tes meilleures amies, après tout. Mais regarde-les : elles sont toutes les deux jolies et elles ont toutes les deux de mignonnes petites fées… contrairement à toi. »
Contrairement à toi. Contrairement à toi. Contrairement à toi.
La tête de Shira était remplie de ces mots cruels.
« Ma chérie, allez, tu vas être en retard à l’école ! Lui cria sa mère depuis la cuisine, la surprenant.
— J’arrive, maman ! répondit Shira après quelques secondes.
Sa mère, Georgia, était la plus belle femme qu’elle avait jamais vue : ses cheveux blonds étaient doux et soyeux, sa peau était claire et radieuse et ses yeux vert émeraude étaient toujours brillants comme de vrais diamants. De plus, elle était extrêmement sûre d’elle, alors que Shira ne se sentait pas bien dans sa peau. Elle ne pouvait même pas dire à sa mère tout ce qui la dérangeait constamment, parce qu’elle avait peur qu’elle ne comprenne pas.
— Allons-y, elle marmonna finalement. »
Elle prit son petit cartable et alla à l’école.
Au fur et à mesure que les jours passaient, la vilaine petite sorcière n’arrêtait pas de devenir de plus en plus méchante. Sa voix devint si puissante qu’elle avait complètement envahi l’esprit de Shira. Elle commença à faire peur à ses camarades de classe et ses amis. C’est pourquoi, la pauvre brunette se sentait de plus en plus seule, ce qui aggravait ses insécurités, au grand plaisir de la sorcière.
Un jour, Shira décida de ne pas aller à l’école, parce qu’elle était trop triste et fatiguée pour sortir du lit. Des larmes coulaient le long de ses joues quand sa mère entra dans la petite chambre. Elle s’assit au bord de son lit et lui caressa tendrement le dos. La petite sorcière était toujours là, mais les adultes ne pouvaient ni voir, ni entendre les fées et les sorcières.
« Qu’est-ce qui ne va pas, ma chérie ? Dis à Maman ce qui te rend si triste et elle le fera disparaître, dit Georgia d’une voix douce.
La brunette commença à sangloter. Sa mère la serra très fort dans ses bras.
— C’est… c’est… mes cheveux… et ma peau bizarre… et mes yeux ! Je ne suis pas belle… Je veux être belle… La petite sorcière a raison, s’écria-t-elle.
— Oh, mon amour, murmura sa mère. Tu es parfaite comme tu es. Il n’y a rien de mal à être unique, parce que tu es très spéciale et précieuse à ta façon. Ta peau est à couper le souffle, parce que c’est ta peau et tu devrais l’accepter, mon ange. Tes yeux sont si beaux, certaines personnes donneraient beaucoup de choses pour les avoir, tu sais. Avoir les cheveux bouclés ne veut pas dire qu’ils sont laids juste parce qu’ils ne sont pas lisses : tes boucles s’accordent si bien avec ton joli visage rond… alors pourquoi être si dure avec toi-même ? La beauté est subjective, Shira, et il y a de la beauté en chacun d’entre nous. En toute chose. Tu devrais prendre soin de toi et aimer ton apparence, parce que c’est le plus merveilleux cadeau que tu peux te faire à toi-même. Aime tes cheveux, tes yeux, ta peau, ton visage et ton corps de la même manière que tu chérirais quelqu’un que tu aimes beaucoup. Essaye de t’aimer autant que je t’aime plus que tout, ma chérie. Ne laisse pas la voix de cette vilaine petite sorcière remplir ton magnifique esprit.
Shira s’arrêta de pleurer. Elle se sentit… plus légère. Rassurée. En fait, sa mère avait raison. Tout ce qu’elle venait de dire faisait sens dans sa tête.
— Non, elle ne l’est pas ! protesta la sorcière.
Cette fois, Shira ne l’écouta pas. Georgia lui montra ensuite des photos d’elle quand elle avait une acnée sévère.
— Oh, tu avais une petite sorcière aussi ?! s’exclama la brunette, ses yeux étincelant de surprise et émerveillement.
— J’en avais une, lui sourit sa mère, je pensais que j’étais la fille la plus laide qui soit. J’avais tort… Un jour, j’ai décidé qu’elle n’avait pas à me dire si j’étais belle ou pas et ça a… fonctionné.
— Comment ? lui demanda Shira avec curiosité.
— Ferme simplement les yeux et dis-toi quelque chose de gentil.
Shira le fit.
— Je… je… je suis jolie. »
Elle ouvrit alors les yeux et laissa échapper un cri de surprise devant ce qu’elle vit. La vilaine petite sorcière s’était transformée en scintillante petite fée ! Elle avait enfin disparu !
Shira n’avait jamais ressenti autant de joie.
Depuis ce jour, elle commença à s’aimer de plus en plus, et ne fit plus attention aux méchantes personnes.