J’aimerais tant pleurer, hurler ma douleur dans le silence du monde, mais mes larmes me trahissent, insaisissables, s’évaporant avant même d’effleurer mes joues. J’aimerais aimer à nouveau, une seule fois, intensément, sans retenue, sans cette peur oppressante qui m’enchaîne à un destin froid, dénué de maladresse, de caresses, de tendresse.
Je ne demande pourtant pas l’impossible… juste un instant, une parenthèse hors du temps, où je pourrais respirer sans craindre la morsure du vide. Juste une lumière, une brève lueur qui viendrait réchauffer mon cœur, me faire oublier l’ombre qui l’habite. Mais la vie m’écoute-t-elle seulement ? Va-t-elle encore me faire patienter, encore me laisser suspendu à ce fil invisible d’espoir ? Ou a-t-elle peur que je lui échappe, que je disparaisse dans un néant où elle ne pourrait plus me rattraper ?
Pourtant, je lui offre tout. Tout ce que j’ai, tout ce que je suis. Je lutte, je me débats contre ces murs invisibles qui m’étouffent. Mais rien n’y fait. Ce n’est jamais assez. Rien n’est jamais suffisant. Et au fond, je le sais… Je mens. Je connais la sortie. Je sais ce que je devrais faire. Mais je ne veux pas. Ou plutôt… je n’y arrive pas.
Pourquoi est-ce si difficile ? Pourquoi le chemin le plus simple me semble-t-il inaccessible ? C’est cruel, injuste, révoltant. Je suis enfermé dans un corps qui ne m’offre que douleur et déception, un corps qui n’inspire que rejet et moqueries. Et moi, que reste-t-il de moi, sinon cette solitude qui me dévore, sinon cette absence qui me consume ?