Mêlée d’or. Striée de Rubis. La robe de la pomme est surmontée d’une tache brune, à la texture rugueuse et dont la forme rappelle celle d’un coulis. Ailleurs, elle est lisse et vernie. De taille moyenne – juste assez pour la tenir dans la paume d’une main – elle présente un ventre et des formes rebondis. Sa pulpe homogènement charnue. Tels sont les attraits de la pomme.
C’est pourtant peu dire d’elle que de la réduire à un délice pour le regard : la pomme est sous le palais fraîche et sure, doucement acide – sous les dents, croquante et ferme. Sa réputation de tentatrice bien établie, depuis le paradis déjà, elle séduit par la promesse du goût.
C’est pourquoi, quelque agréable que soit l’apparence habillée de la pomme, on la découvre de ses épluchures. Sa chair est taillée et corrodée. Laquelle se retrouve ensuite tapissée de l’imprimé des dents des gourmands et des brunes ecchymoses qu’ils y laissent. Car, pomme elle subit ce que subissent les pommes ; déflorée et rongée jusqu’au trognon.