Le Signe Déchaîné

Le Magazine des Lettres de l’université Lumière Lyon 2

Édito

Pass culture : un coup de gel qui refroidit l’avenir

Par Kahina Slimani

Le gouvernement met en pause le budget du Pass Culture, une décision qui interroge sur la place de la culture dans les priorités nationales.

En pleine période d’austérité budgétaire, l’argument est connu : rationaliser les dépenses en faisant des choix importants. Mais dans ce tri, pourquoi la culture est-elle toujours la première à trinquer ? En offrant 300 euros aux jeunes de dix-huit ans pour accéder à divers lieux culturels, l’État investissait dans l’avenir, favorisant un lien direct avec les œuvres et les créateurs. Ce gel sonne comme un renoncement à cet engagement.

Le Pass Culture avait pourtant prouvé son utilité. Il permettait à de nombreux jeunes, dont certains issus de milieux défavorisés, d’ouvrir une porte vers des horizons qu’ils n’auraient pas pu explorer autrement. En freinant cet élan, le gouvernement envoie donc un signal inquiétant : la culture, l’art et la lecture représentent une dépense superflue.

Mais que faut-il attendre ? Un contexte économique meilleur ? Une priorité budgétaire plus clémente ? Pourtant, s’il y a bien un secteur qui ne devrait jamais être sacrifié, c’est celui qui alimente l’esprit critique et la création.

Geler le budget du Pass Culture, c’est accepter l’idée que la découverte artistique ne fait pas partie des nécessités d’une génération en pleine construction. C’est oublier que la culture, bien plus qu’un divertissement, est un vecteur de cohésion et d’émancipation. À force de considérer cet investissement comme non essentiel, on risque de priver des millions de jeunes d’un droit primordial : celui de se nourrir de leur patrimoine afin d’avoir une fenêtre sur le monde.

Kahina Slimani

Ce texte a été rédigé en 2024-2025 et publié dans le magazine de la même année, dans la rubrique Demain à la une.

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