Véronique Maugé est une ancienne journaliste, qui après 25 ans d’expérience est finalement devenue attachée de presse, et est donc passée de l’autre côté des médias. Elle nous partage son expérience, et son point de vue sur le métier d’attaché de presse.

Véronique, en tant qu’attachée de presse, quels sont vos tâches et responsabilités au quotidien ?
Je me charge de médiatiser les entreprises pour lesquelles je travaille, de les rendre visibles au niveau médiatique en dehors des réseaux sociaux. Je donne une ligne éditoriale cohérente grâce aux discours que je préconise pour les médias traditionnels. Je le fais au quotidien pour trois entreprises, en tant qu’indépendante. Je ne suis pas dans une agence, je suis en free-lance. Je suis vis à vis des médias force de proposition, c’est-à-dire que je sollicite les médias pour la présentation d’un nouveau produit par exemple, et je propose des sujets transversaux pour les médias.
Je travaille pour un domaine viticole, et par exemple, la dernière fois j’ai orienté le sujet sur le fait que ce domaine s’adapte vis à vis du changement climatique. On a parlé de l’environnement qu’ils ont crées, pour répondre à leur engagement environnemental. Je ne suis pas seulement là pour inviter la presse, je créée aussi des sujets médiatiques qui vont intéresser les lecteurs par rapport à la marque. On travail sur l’environnement de la marque.
Et donc quelles sont les aptitudes professionnelles nécessaire pour être attaché de presse ?
Je pense qu’il faut une forme d’humilité face à la marque, c’est-à-dire qu’il faut se dire qu’on est au service de la marque, on doit la respecter, la comprendre, et comprendre ses acteurs. Il y a bien évidement une connaissance du produit qui est requise, c’est essentiel (rires). Une capacité de créativité en terme d’informations : il ne faut pas rester frontale, il faut savoir ouvrir un petit peu les horizons et savoir la positionner sur des marchés, dans l’air du temps. Il faut être adaptable et il faut être curieux. Un attaché de presse doit avoir une très bonne connaissance du monde des médias et de leurs fonctionnements, et il doit savoir ce qu’on peut en faire.
Je suis pas attaché de presse de formation, je suis journaliste de formation, j’ai 25 ans de presse derrière moi. Je connais les besoins des journalistes et je sais m’y adapter. De plus, la réactivité est importante : dès qu’il y a une demande on réagit immédiatement, on ne fait pas attendre, et on donne le maximum d’informations possible.
Avoir une bonne plume est aussi important, il faut avoir des capacité rédactionnelles, être capable en peu de mots de bien donner l’information (voir même de la préparer.) C’est important de bien verbaliser ce qu’on doit présenter. Avoir aussi le sens de l’image quand on fait un communiqué ou un mail, savoir trouver la photo qui fait mouche. C’est comme un journaliste, chaque phrase et chaque image doit donner une information. Il faut que cela parle.
Pour vous quelles sont les qualités d’un bon attaché de presse ?
Je dirais sa disponibilité, sa réactivité, et justement sa capacité à présenter une marque sous différents angles, à trouver des angles. Et puis bien entendu c’est un bon carnet d’adresse.
Il faut être sociable, mais on le devient dans le travail, car il faut être efficace. Une attachée de presse, quand elle discute avec les gens, elle doit apporter quelque chose, ou orienter quelqu’un vers quelque chose. Il faut passer la bonne information, de la bonne manière. Il faut aussi avoir de la constance et ne pas se démoraliser quand tous vos efforts ne payent pas, car ça arrive. Généralement, quelle est la formation requise pour faire ce métier ?
Il y a des écoles d’attaché de presse, comme par exemple l’EFAP à Lyon. On peut aussi passer par des écoles de communication, c’est tout à fait possible, car ce métier nécessite une bonne connaissance de la communication.
Vous avez un parcours un peu à part, comment êtes vous devenue attachée de presse ?
C’est le résultat d’un parcours de vie. À l’époque je travaillais dans une agence de presse. J’ai suivi mon mari dans la Loire, j’ai fait, pendant quelque temps, les allers retours à Lyon. Quand c’est devenu pesant, on m’a proposé d’écrire des dossiers de presse touristiques pour le département de la Loire. En faisant un focus sur un chocolatier, ce dernier m’a proposé d’être son attachée de presse, et je me suis jetée à l’eau (rires).
L’attaché de presse est au service des journalistes, et là je passais de l’autre côté. Ça s’est avéré très intéressant, j’éditorialise énormément les sujets que je propose, et je les écris. C’est moi qui fais le site internet, je fais des blogs. Ça a été un heureux hasard qui m’a réussi, ça a marché très vite, j’ai eu beaucoup de chance. J’ai la chance du débutant et ça continue.
Selon votre expérience, quels sont les avantages et les inconvénients de la profession ?
Pour moi, en inconvénients il peut y avoir la déception parfois, d’avoir beaucoup travaillé sur un sujet et qu’il ne soit pas traité correctement. Je suis très critique, alors je vois quand quelqu’un n’a pas beaucoup travaillé. De plus, on est obligé d’être toujours disponible et joignable, cela peut être un inconvénient pour certaines personnes. C’est un travail qui prend quand même beaucoup de temps. On est vraiment au service d’autrui. Mais pour moi c’est un métier utile. Les journalistes se rendent bien compte qu’on leur facilite la tâche et qu’on leur économise du temps.
En avantages il y déjà une liberté, et puis la possibilité d’aborder pleins de sujets qui soient connectés aux produits que les marques que je représente proposent. C’est un champ très intéressant. J’aborde des tas d’angles et cela va de la gastronomie à l’économie, en passant par le social, l’écologie… qui sont au final les sujets de la société actuelle.