Avec l’avènement et la démocratisation du multimédia, n’importe qui peut désormais avoir accès à un support vidéoludique et laisser libre cours à son imagination pour créer ce dont il a envie.
Ainsi, de nombreuses œuvres ont vu le jour, notamment des fanfictions — ou histoires alternatives — situées dans un univers déjà existant, avec des personnages établis ou inventés par l’auteur amateur dans le cadre de l’œuvre originale. Ma première expérience avec ce genre de contenu fut Red vs Blue, une série composée de divers sketchs réalisés simplement au départ à l’aide des outils du jeu dont est tiré l’univers de la fanfiction. L’écriture n’avait alors pour seul but que de faire rire en mettant en scène des situations comiques avec des personnages inédits.
Au fil des années, les moyens se sont développés, et des outils toujours plus performants ont permis une plus grande liberté créative. L’écriture s’est alors enrichie, complexifiant les personnages et l’histoire, bâtissant un véritable scénario ordonné autour d’une chronologie cohérente entre les épisodes. Finalement, cet essai est devenu une série digne d’être diffusée sur des plateformes de streaming comme Netflix — une ascension incroyable pour une série à l’origine si modeste !
Succès inégal, qualité disparate.
Cependant, toutes les histoires ne connaissent pas un tel succès. Prenons l’exemple de la série inspirée de l’univers de Warhammer 40k : If the Emperor had a Text-to-Speech Device.
Placée dans un univers alternatif des romans, cette fanfiction imagine un scénario inédit et parodie les personnages existants. Utilisant des images découpées et animées de manière simple, elle privilégie le format audio pour raconter son histoire.
Malheureusement, la série a dû être interrompue en raison de la politique très stricte du studio détenteur des droits de Warhammer, qui limite l’utilisation de sa marque. Toutefois, le créateur ne s’est pas laissé abattre et a lancé Hunter: The Parenting, une autre série inspirée d’un jeu de plateau. Fort de son expérience, il a pu proposer une œuvre de meilleure qualité, avec des moyens plus conséquents.
Comme toute création de divertissement, les créateurs de contenu dépendent du soutien financier de leur audience. Grâce à ce modèle, de nombreuses œuvres amateurs de grande qualité ont vu le jour avec peu de moyens. Citons par exemple Nimona sur Netflix, Hazbin Hotel sur Amazon Prime, One Punch Man, ou encore The Amazing Digital Circus, qui a d’ailleurs été nommé pour le prix de la Best Character Animation – TV/Media. Un résultat impressionnant pour une œuvre amateure qui ne comptait, à son lancement, qu’un simple épisode pilote d’une vingtaine de minutes…